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LA FONCTION AUDIO, POURQUOI C'EST COMPLIQUÉ ?

A priori si vous lisez ces mots c’est qu’au pire vous savez ce qu’est une fiction audio, au mieux vous en avez déjà écouté au moins une. (Le nombre de reads nous aidera éventuellement à donner une tendance de la popularité de ce format).

 

Rappel pour ceux qui se seraient retrouvés sur cet article par hasard :
Déf : La fiction audio
Un film, comme au cinéma, sans les images.
– Je fais des fictions audio.
– Ah bon ?
– Oui oui.
– Mais du coup il n’y a que du son ?
– C’est ça !
– Mais moi ce que j’aime au cinéma c’est la réalisation avec des plans serrés, des belles images, des effets visuels…
– Oui moi aussi j’adore les images ! Mais ce qu’il y a d’extraordinaire avec la fiction audio c’est que tu te fais tes propres images. Dans ta tête. Tu imagines la tête des personnages en fonction de leur personnalité, tu peux décider (plus ou moins ) de l’endroit où ça se passe, tu mets la couleur que tu veux à ta fiction.
-Et comment tu fais passer les émotions ?
– Par la voix.
– Et le suspense ?
– Par la musique.
– Et le décor ?
– Par les sons.
– Et l’intrigue ?
– Par le texte.
-Je n’ai pas d’imagination, je ne serai jamais adepte de ce format.
– Tu n’as pas besoin d’imagination. Si la fiction est bien faite, ton cerveau fait le travail pour toi. Il t’emmène là où il faut pour ressentir exactement la même chose que si tu regardais des images.

=> Il est là le 1er CHALLENGE :
Réussir à convaincre le quidam qu’une fiction audio peut être aussi émouvante, drôle ou effrayante qu’un film.

Le quidam curieux qui ira écouter une fiction qu’on lui a recommandée ne pourra qu’être conquis.
Le quidam perché sur ses à priori rate un bon moment de divertissement.

2ème CHALLENGE : Réussir à écrire une fiction

 

Ecrire une fiction audio n’est pas le même exercice qu’écrire un film.
Même s’il n’y a pas de règles, on sait que 15 minutes pour un épisode c’est bien (20 max). Donc 8 épisodes de 15–20 minutes ça fait environ 2h de fiction. Suffisant pour ne pas perdre l’auditeur.

*Les personnages:
A la différence d’une fiction visuelle, la personnalité, l’âge, le milieu social et le physique des personnages n’est évidemment pas identifiable dès les premières minutes.
C’est pourquoi, il faut travailler l’identité des personnages et leurs relations avec des marqueurs forts et ce, assez rapidement.
Cela peut passer par un tic de langage, une façon de s’exprimer, des expressions marquantes.

*Structure du récit:

 

La fiction audio demande beaucoup plus de concentration que pour un film. L’esprit est focus sur le son. La difficulté principale est de ne pas perdre son auditeur trop rapidement, au contraire, il faut le happer rapidement pour qu’il ne zappe pas.

Le 1er épisode est crucial.
Cet épisode pose les bases. Il doit donner le ton de la série, faire intervenir les personnages principaux pour donner à l’auditeur de la matière, et poser le contexte.
Ce premier épisode est forcément moins palpitant que les épisodes qui suivront en terme d’intrigue, mais si la patte de la série est présente, alors l’auditeur qui l’apprécie voudra pousser pour en savoir plus.
Je ne recommande pas les musiques trop longues, les blancs, les mous. Non il faut du rythme, du rythme, du rythme.

Le 8ème épisode DOIT ETRE PARFAIT.
Les auditeurs attendent ce dernier épisode depuis le tout début, il doit donc être explosif tant dans le dénouement que dans la façon dont le dénouement est amené.
Ce dernier épisode doit être le meilleur.

*L’écriture en tant que telle :
Il faut écrire son scénario en visualisant la scène dans sa tête.
Il faut la visualiser avec des images pour pouvoir la traduire, à l’écrit, en son.

Ex: 2 personnes discutent, puis se disputent dans la rue
=> Bruit de rue
=> Pas de l’un et de l’autre
=> Les pas sont en continu SAUF quand elles s’engueulent parce qu’on s’arrête toujours de marcher pour s’engueuler (n’est ce pas ?).

Il faut être dans du dialogue descriptif émotionnel (ce qui ne veut strictement rien dire).
Ne pas tomber dans l’écueil de faire décrire à ses personnages où ils sont, ni ce qu’ils ressentent en encore moins ce qu’ils voient.
L’univers sonore doit être assez fort pour ne pas avoir à expliquer.

*La réalisation sonore :
Par réalisation sonore on entend tout le travail de post prod.
Le scénario aura donné des indications de sons, de musique, d’ambiance et de bruitage.
La réalisation sonore est fondamentale dans la réussite d’une fiction audio.
Chaque seconde doit être travaillée de façon professionnelle et l’oubli d’un seul son suffirait à décrédibiliser la scène.

LES AVANTAGES DE LA FICTION AUDIO :

 

Les daltoniens, les strabiques ou ceux qui ne savent pas cadrer une photo peuvent être les rois du monde en fiction audio.
Il suffit de savoir bien écrire.

Les univers spatio temporels permettent de faire s’évader l’auditeur et en une musique et un style de phrasé, on peut en quelques secondes, changer d’époques ou de pays.

LES INCONVENIENTS DE LA FICTION AUDIO :

 

– L’émotion, le suspense, l’humour passe uniquement par la voix et le son.
C’est pourquoi les comédiens voix doivent jouer sans SURJOUER.
Le réalisme est clé pour qu’on s’y croit. Une simple fausse note fait perdre à l’auditeur tout l’univers qu’il s’était crée.
La direction d’acteurs est donc cruciale et le nombre de prises est souvent très important pour s’approcher au plus près d’une justesse qui viendrait même à nous faire confondre la réalité et la fiction.

-8 épisodes sans images ne suffisent généralement pas à faire passer toutes les informations qu’on voudrait sur les personnages, les situations. Il faut faire le tri et choisir quels sont les éléments les plus judicieux à révéler VS les éléments qui n’apportent rien VS les éléments qui n’apportent rien mais qui donne le ton of voice de la série.

Le 3ème CHALLENGE : LA MONETISATION
Certes, une fiction audio ne demande pas de caméra, ni de chef op, ni de cables dans tous les sens, ni de perchman.
Le tournage quand il est est réalisé à 90% en studio (10% peuvent être des prises de son spécifiques de lieux ou de bruitages en réel) recquiert uniquement un studio d’enregistrement avec un ingénieur du son.
Néanmoins, le travail de post prod est conséquent.

Il faut compter à minima près de 20h de postprod pour un épisode de 15 minutes.
A 500€/jour le réalisateur… c’est pas donné
+ l’écriture (compter en ce qui me concerne 1 mois )
+ le casting à organiser
+ les comédiens (cachet de 150 à 300€ chargés/jour)
+La direction d’acteurs

= une fiction de 8 épisodes de 15 min audio coûte au bas mot à produire
45 000€
.

  • Soit on est riche.
  • Soit on la vend à une plateforme type Sybel, Majelan, Spotify ou Deezer
    (Si tant est qu’ils vous fassent confiance…).
  • Soit on l’a dans le baba…
  • Soit on mise sur sa communauté pour lancer une campgne de crowdfunding.

Devinez pour quelle solution j’ai opté ?
……..

LE CROWFUNDING !
Il parait que ça marche !
Alors si vous voulez m’aider pour découvrir une nouvelle série, me soutenir ou juste faire une bonne action, voici le lien de ma campagne Ulule :

https://www.ulule.com/podcast-rapandroll/

Mille mercis mercis mercis mercis mercis mercis mercis mercis mercis mercis mercis mercis mercis mercis mercis mercis mercis mercis mercis mercis mercis mercis mercis mercis mercis mercis mercis mercis mercis mercis mercis !
et pour découvrir mes fictions audio :

Kupla (fiction réalisée seule sans ingé son)/
Rap&Roll (fiction réalisée avec un ingé son)/

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